26ème congrès de l'AFPEN

Deauville 2019

 
Conférence simultanée vendredi 20 septembre de 15h00 à 15h45
 
 

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Céline LANOË

Maître de Conférences en Psychologie du Développement, Université Caen Normandie ; Responsable de la première année du Parcours Psychologie de l’Education du Master de Psychologie de l’Université de Caen Normandie ; Chercheur au Laboratoire de Psychologie Caen Normandie (LPCN, EA 7452).

 
 
 
 
 
 
 
Elle est l’auteure de :
 
- Rossi S., Lubin A., Lanoë C. (2017). Découvrir le cerveau à l’école. Les sciences cognitives au service des apprentissages. Canopé.
 
- Lanoë C., Sourbets C. (2017). Découvrir le cerveau à l’école. Les sciences cognitives au service des apprentissages. Parcours numérique de formation à distance m@gistere. Canopé.
 
- Lanoë C., Rossi S., Froment L.*, Lubin A. (2015). Le programme pédagogique neuroéducatif « À la découverte de mon cerveau » : quels bénéfices pour les élèves de l’école élémentaire ? ANAE, 134, 1-8. [Indexé dans SCImago-Scopus (Q4), PsycInfo].
 
- Lanoë C., Rossi S., Lubin A. (2016). La découverte du cerveau chez les élèves d’école primaire. Vivre le primaire. Numéro spécial "Quand le cerveau entre à l’école", Automne 2016. 29, 3, 33-34.
 
- Lanoë C., Lubin A., Rossi S. (2016). Découvrir son cerveau pour mieux apprendre. Les cahiers pédagogiques, 527, 39-40.
 
 
 

Innover en sciences cognitives à l’école maternelle Avec le programme pédagogique métacognitif « Mon cerveau, ma boîte à trésors »

 
 
Résumé :

 
Depuis la Loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République de juillet 2013 et les décrets y afférant, plusieurs domaines ont fait référence à l’introduction des sciences cognitives dans l’éducation, tant pour la formation des enseignants qu’à destination des élèves. Au regard des résultats de ces dernières années des enquêtes nationales PISA (2016) et des différents rapports de l’Inspection Générale et du CNESCO (Mons, 2016, 2017), il semble important de trouver des réponses pour guider les enseignants et les former aux sciences cognitives, notamment dans la phase de médiation et de métacognition qu’ils conduisent en classe. Le rapport Taddei « Vers une société apprenante » propose, lui aussi, « des leviers pour permettre le développement de la capacité de questionnement et de réflexivité chez tous les citoyens et dans toutes les organisations. Apprendre à apprendre, à interroger et interpréter, plutôt qu’à consommer naïvement les informations disponibles, est sans doute l’enjeu majeur de l’éducation aujourd’hui » (Taddei, 2017, p. 2). Enfin, la création du Conseil Scientifique de l’Education Nationale, présidé par le Pr Stanislas Dehaene, renforce à nouveau le poids accordé aux sciences cognitives par le ministre de l’Education Nationale.
L’objectif de cette communication est double.
D’une part, nous présenterons l’ouvrage « Découvrir le cerveau à l’école. Les sciences cognitives au service des apprentissages » (Rossi, Lubin, Lanoë, 2017) destiné à tous les professionnels de l’éducation de l’école maternelle. Le programme pédagogique développé dans cet ouvrage introduit les sciences cognitives et permet d’exercer le contrôle cognitif des élèves dès le plus jeune âge au cours d’activités pédagogiques, en privilégiant une approche métacognitive visant à amener les élèves à prendre conscience des outils cognitifs dont ils disposent. En cela, il s’inscrit parfaitement dans l’un des cinq grands domaines d’apprentissages « Construire les premiers outils pour structurer sa pensée » des programmes du cycle des apprentissages premiers (C1) (Arrêté du 18.02.2015). Il répond également parfaitement aux exigences du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (Décret du 31.03.2015) qui décrit le domaine de formation « Les méthodes et outils pour apprendre », défini comme l’un des grands enjeux de formation au cours des cycles des apprentissages fondamentaux (C2) et de consolidation (C3).
D’autre part, nous examinerons si ce programme réalisé en classe de grande section de maternelle peut impacter les capacités de contrôle cognitif et les compétences scolaires d’élèves âgés de 5 à 6 ans. Il est possible d’améliorer le contrôle cognitif grâce à des programmes d’entraînement par l’expérience répétée de tâches mais qui présentent le plus souvent un unique effet de transfert proche (Blair, 2016 ; Diamond & Ling, 2016). D’autres programmes de neurosciences cognitives tentent d’évaluer leur effet sur les compétences scolaires (Blackwell et al., 2007 ; Dommett et al., 2013 ; Lanoë et al., 2015 ; Sriram, 2014 ; Yeager et al., 2016) mais aucun d’entre eux n’a porté auprès d’élèves d’âge préscolaire. Nous présenterons les résultats d’une étude pilote auprès de 80 élèves bénéficiant ou non de 18 séances de ce programme portant sur le cerveau, l’attention, l’inhibition et la flexibilité et évalués lors de pré et post-tests immédiats et différés en attention, inhibition, flexibilité, littératie et numératie. Nous supposons que seuls les élèves ayant bénéficié du programme pédagogique métacognitif amélioreront leur contrôle cognitif et leurs compétences scolaires. Cette étude présente l’intérêt d’introduire dès l’école maternelle une approche métacognitive permettant aux élèves de comprendre leur fonctionnement neurocognitif tout en apprenant à s’autoréguler afin de construire leurs premiers outils pour structurer leur pensée et mieux apprendre.

 
 
 

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