26ème congrès de l'AFPEN

Deauville 2019

 
Conférence simultanée vendredi 20 septembre de 11h05 à 11h50
 
 

Lise LEMOINE

Maître de conférences en psychologie du développement - Université de Rennes 2 (Laboratoire LP3C, EA 1285)
 

Nathalie MANGEARD-BLOCH

Professeur des écoles, Docteur en Sciences de l’éducation - Université Paris Descartes (CERLIS)
 
Elle est l’auteure de :
- Mangeard-Bloch, N. (2013). L’enseignant et l’enfant dans les albums de littérature enfantine. In Schneider, B., & Mietkiewicz, M.-C. (2013). L’enfant dans les livres. Représentations, savoirs, normes (pp. 75-84), Erès.
 
- Mangeard-Bloch, N. (2018). L’entrée à l’école, une étape clé pour devenir un parent compétent : analyse des normes délivrées par les albums de littérature de jeunesse, Psychologie et éducation, 4, 68-77

 

Doriane MONTMASSON

Maître de conférences en sociologie de l’éducation
ESPE de Paris – Université Paris IV Sorbonne - CERLIS (Centre de Recherche sur les LIensSociaux).
 

Benoît SCHNEIDER

Professeur émérite en psychologie de l’éducation - Université de Lorraine (Laboratoire 2LPN, EA 7489)
 
 
 

Symposium

Lire et vivre ensemble à l’école - Du côté de la littérature jeunesse

 

Première partie : Quand l’enfant devient élève : confronté au regard de l’autre

 
INTRODUCTION par Lise LEMOINE & Benoît SCHNEIDER.
 
Au-delà de son usage comme support à l’apprentissage de la lecture, les livres pour enfants sont utilisés par les pédagogues pour initier le dialogue sur des sujets qui font débat comme le racisme, la mort, le handicap, les séparations familiales… La littérature de jeunesse se donne désormais pour fonction explicite d’accompagner le développement et/ou les temps forts de la vie des enfants marqués par des expériences singulières ou des conditions éducatives spécifiques. En particulier elle peut être un support important pour sensibiliser les pairs aux difficultés ou aux singularités rencontrées par leurs camarades (Lemoine, Mietkiewicz & Schneider, 2018).
Dans un numéro récent de Psychologie et Éducation (Schneider, 2017), nous avons réunis des travaux centrés sur les rapports entre littérature jeunesse et école. Le présent symposium propose d’enrichir cette approche par de nouvelles contributions portant à la fois sur l’analyse du contenu des ouvrages et sur leur adéquation aux représentations et aux attentes des partenaires de la relation éducative, dont les enfants concernés eux-mêmes.
Ce symposium comprend deux parties complémentaires et articulés :
- la première s’attache à la façon dont la littérature jeunesse se fait reflet et agent des normes d’intégration dans l’institution scolaire tant du point de vue de l’institution elle-même lorsqu’elle accueille le jeune écolier en son sein, que du point de vue des régulations interpersonnelles qu’elle oriente ;
- la seconde porte sur les situations de handicap (dyslexie et TDA-H), et nous tenterons de croiser analyse de contenu des ouvrages et regard que portent les enfants eux-mêmes et leur entourage scolaire sur les livres visés par l’analyse.
 

Références :
 
- Lemoine, L., Mietkiewicz, M.-C., & Schneider, B. (2018). « Des élèves (pas ?) comme les autres parmi les autres » : la scolarisation des enfants avec trisomie 21 et autisme à travers la littérature jeunesse. Revue de psychoéducation, 47(2), 383-407.
 
- Schneider, B. (2017). Introduction au numéro thématique : « A l’école de la littérature jeunesse », Psychologie & Education, 4, 9-14.
 


 
« Et comment je fais si je n’ai pas d’amis pour jouer ? » : Inventaire des normes délivrées dans les albums de littérature de jeunesse autour de la construction des relations entre pairs lors de l’entrée à l’école par Nathalie MANGEARD-BLOCH
 
De nombreux livres pour enfants abordent et mettent en scène une toute première rentrée. En décrivant le déroulement de ce premier jour d’école, ils participent à dédramatiser l’évènement, mais s’affichent aussi comme un relais privilégié des exigences scolaires. Ces ouvrages qui s’adressent aux enfants les plus jeunes et à leurs parents sont inscrits dans une double dynamique. Miroir social et/ou fabrique de représentations, ils participent à la transmission des codes et règles de l’entrée dans cette nouvelle vie sociale et constituent des témoins privilégiés d’une épreuve de socialisation où s’élabore le « métier d’élève ».
L’apprentissage des modes de relations interpersonnelles constitue un pan majeur de ce nouveau « métier ». Le groupe enfantin est perçu comme un point de repère à partir duquel les enfants se mesurent et sont mesurés. La mise en conformité scolaire passe donc par l’acceptation du groupe et l’adoption des nouvelles règles de celui-ci. Le groupe émet ses propres règles et c’est un enjeu de socialisation que de se rattacher en tant qu’individu à une communauté qui développe des relations horizontales.
Cette communication, introduite par le titre d’un des ouvrages analysé (issue d’une recherche de doctorat en sociologie de l’enfance), est basée sur une analyse de contenu d’un corpus de 158 ouvrages (documentaires et fictions de 1970 à nos jours).
 

Références :
 
- Delalande J. (2001). La cour de récréation. Contribution à une anthropologie de l’enfance. Rennes : Presses Universitaires de Rennes.
 
- Mangeard-Bloch, N. (2013). L’enseignant et l’enfant dans les albums de littérature enfantine. In Schneider, B., & Mietkiewicz, M.-C. (2013). L’enfant dans les livres. Représentations, savoirs, normes (pp. 75-84), Erès.
 
- Mangeard-Bloch, N. (2018). L’entrée à l’école, une étape clé pour devenir un parent compétent : analyse des normes délivrées par les albums de littérature de jeunesse, Psychologie et éducation, 4, 68-77.
 


 
« Hugo il est gros et ceux de l’école, ils se moquent tout le temps de lui parce qu’il a un gros ventre » : Le surpoids dans la littérature de jeunesse : entre stigmatisation et acceptation de la différence par Doriane MONTMASSON
 
En charge d’une consultation sur le sujet à la fin des années 1990, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qualifie alors l’obésité d’épidémie mondiale. Cette désignation conduit, en France, à la mise à l’agenda de politiques de santé publique destinées à lutter contre sa prévalence, puis, dans ce contexte, à la mise en place, en 2001, du premier Programme National Nutrition Santé (PNNS 1).
Véritable « miroir médiatique » (Cadolle, 2001), la littérature de jeunesse s’est rapidement faite le reflet de cette évolution qui s’est dès lors traduite, de façon très concrète, dans le contenu textuel et iconographique d’un certain nombre d’albums illustrés destinés aux enfants. Dès le début des années 2000, de plus en plus d’ouvrages se sont en effet trouvés mettre en lumière les répercussions non seulement physiques, mais également sociales du surpoids, posant ainsi la question des régulations alimentaires se devant d’entourer la consommation de nourriture.
À partir de l’analyse d’un corpus d’une centaine d’ouvrages de littérature de jeunesse et d’une enquête de réception menée auprès de 122 enfants âgés de 5 à 8 ans dans deux établissements scolaires de la région parisienne (Montmasson, 2016), cette communication portera notamment sur l’étude des mises en représentation du surpoids dans les albums illustrés.
 

Références :
 
- Cadolle, S. (2001). Séparation et recomposition familiale d’après les livres pour enfants. Recherches et Prévisions, 64, 19-34.
 
- Détrez, C. (2006). Il était une fois le corps… La construction biologique du corps dans les encyclopédies pour enfants, Sociétés contemporaines, n°59-60, pp. 161-175.
 
- Montmasson, D. (2016). La réception de la littérature de jeunesse par les enfants : une fenêtre ouverte sur le processus de socialisation. Thèse de doctorat non publiée, Université Paris Descartes, Paris.
 
 
 
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