26ème congrès de l'AFPEN

Deauville 2019

 
Conférence simultanée vendredi 20 septembre de 11h05 à 11h50
 
 
 
 

Maud BESANÇON

est Professeur en psychologie différentielle
Université de Rennes 2 (LP3C)
 

Emmanuelle BONJOUR

est Maître de conférences en psychologie du développement - Université Rennes 2 (LP3C)
 

Lise LEMOINE

est Maître de conférences en psychologie du développement
Université Rennes 2 (LP3C).
 

Nathalie MAREC-BRETON

est Maître de conférences HDR en psychologie du développement - Université Rennes 2 (LP3C)
 

Isabelle SAVALLE

est étudiante en master de psychologie - Université de Rennes 2
 

Benoît SCHNEIDER

est Professeur émérite en psychologie de l’éducation
Université de Lorraine(2LPN)

 
 

Symposium

Lire et vivre ensemble à l’école - Du côté de la littérature jeunesse

 

Deuxième partie : L’enfant avec troubles neuro-développementaux confrontés aux exigences de l’école

 
INTRODUCTION par Lise LEMOINE & Benoît SCHNEIDER
 
Au-delà de son usage comme support à l’apprentissage de la lecture, les livres pour enfants sont utilisés par les pédagogues pour initier le dialogue sur des sujets qui font débat comme le racisme, la mort, le handicap, les séparations familiales… La littérature de jeunesse se donne désormais pour fonction explicite d’accompagner le développement et/ou les temps forts de la vie des enfants marqués par des expériences singulières ou des conditions éducatives spécifiques. En particulier elle peut être un support important pour sensibiliser les pairs aux difficultés ou aux singularités rencontrées par leurs camarades (Lemoine, Mietkiewicz & Schneider, 2018).
Dans un numéro récent de Psychologie et Éducation (Schneider, 2017), nous avons réunis des travaux centrés sur les rapports entre littérature jeunesse et école. Le présent symposium propose d’enrichir cette approche par de nouvelles contributions portant à la fois sur l’analyse du contenu des ouvrages et sur leur adéquation aux représentations et aux attentes des partenaires de la relation éducative, dont les enfants concernés eux-mêmes.
Ce symposium comprend deux parties complémentaires et articulés :
- la première s’attache à la façon dont la littérature jeunesse se fait reflet et agent des normes d’intégration dans l’institution scolaire tant du point de vue de l’institution elle-même lorsqu’elle accueille le jeune écolier en son sein, que du point de vue des régulations interpersonnelles qu’elle oriente ;
- la seconde porte sur les situations de handicap (dyslexie et TDA-H), et nous tenterons de croiser analyse de contenu des ouvrages et regard que portent les enfants eux-mêmes et leur entourage scolaire sur les livres visés par l’analyse.
 
Références :
- Lemoine, L., Mietkiewicz, M.-C., & Schneider, B. (2018). « Des élèves (pas ?) comme les autres parmi les autres » : la scolarisation des enfants avec trisomie 21 et autisme à travers la littérature jeunesse. Revue de psychoéducation, 47(2), 383-407.
 
- Schneider, B. (2017). Introduction au numéro thématique : « A l’école de la littérature jeunesse », Psychologie & Education, 4, 9-14.
 


 
Quand la dyslexie nous est contée...
La dyslexie racontée dans les livres pour enfants et rapportée par les enfants qui la vivent par Lise LEMOINE ; Nathalie MAREC-BRETON ; Emmanuelle BONJOUR & Benoît SCHNEIDER.
 
La dyslexie est un trouble neurodéveloppemental spécifique (pour un type d’apprentissage, ici la lecture), durable (les difficultés ne sont pas transitoires), significatif (les difficultés sont sévères), primaire (non expliqué par un autre trouble, par une moindre efficience intellectuelle ou un environnement – familial, scolaire – inadéquat) qui ne se réduit cependant pas au déficit neurologique. L’entourage de l’enfant (familles, acteurs de l’école…) joue un rôle non négligeable dans la manière dont la situation sera vécue par l’enfant : il peut constituer un facteur protecteur s’il est bienveillant ou, au contraire, un facteur de risque s’il se focalise sur les moindres performances dans toute activité qui requiert la lecture.
Comment, dès lors, aider les élèves à comprendre les difficultés éprouvées par leur(s) camarade(s) avec dyslexie ? La littérature de jeunesse peut-elle constituer une voie d’approche ?
Nous présenterons les résultats d’une analyse de contenu par catégories thématiques d’ouvrages publiés entre 2000 et 2018 portant sur les conséquences de la dyslexie, sur les ressentis de l’enfant (représentation de soi, …), à l’école (apprentissages, relations avec les enseignants, relations avec les pairs), dans la famille (relations avec les parents, avec la fratrie, les devoirs) et dans la société au sens large (dans les activités extrascolaires…).
Parallèlement, nous rencontrerons 20 enfants avec dyslexie scolarisés en fin de cycle 2 ou début de cycle 3 (CE2, CM1, CM2) et procéderons à des entretiens semi-directifs pour comparer le contenu des ouvrages avec le vécu rapporté des enfants.
Les résultats obtenus permettront d’envisager l’utilisation des ouvrages étudiés dans le but de sensibiliser les enfants au handicap et au respect de la différence.
 

Références :
- Barrouillet, P., Billard, C., De Agostini, M., Démonet, J. F., Fayol, M., Gombert, J. E., ... & Valdois, S. (2007). Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : bilan des données scientifiques, Paris : INSERM.
 
- Lemoine, L., Mietkiewicz, M.-C., & Schneider, B. (2018). « Des élèves (pas ?) comme les autres parmi les autres » : la scolarisation des enfants avec trisomie 21 et autisme à travers la littérature jeunesse. Revue de psychoéducation, 47(2), 383-407.
 
- Waber, D.P., & Perret, P. (2016). Une approche développementale des troubles des apprentissages. Enfance, (1), 67-83.
 


 
Dans la lune ? Distraits ? Pile électrique ? Hyperactifs ? Perturbateurs ?
La représentation des enfants avec TDA-H dans la littérature jeunesse comparée à la réalité vécue du trouble par Isaline SAVALLE ; Lise LEMOINE ; Maud BESANÇON & Benoît SCHNEIDER.
 
Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA-H) se caractérise par une conjugaison de symptômes d’inattention et d’hyperactivité. Cela se traduit par un manque de persévérance dans les activités exigeant une implication cognitive et une tendance à ne pas pouvoir se concentrer pleinement sur une activité, ainsi que des comportements de types imprudents, impulsifs et désobéissants.
Les conséquences pour les enfants concernés sont nombreuses, d’un point de vue psychologique : faible estime de soi, difficultés relationnelles (Hayes, 2014 ; Tarven & al., 2014, Kita & al., 2017) ... La scolarisation des enfants avec TDA-H questionne donc l’institution, tant dans sa capacité à permettre les apprentissages que dans son objectif de favoriser le vivre ensemble.
Est-ce que les ouvrages jeunesse sur le TDA-H permettent d’aborder les conséquences du trouble pour l’enfant dans ce qu’il peut ressentir et dans ses relations aux autres ? Ces livres peuvent-ils constituer un support de sensibilisation potentiel pour améliorer ce vivre ensemble ? Notre corpus d’analyse se compose d’ouvrages publiés en langue française destinés aux enfants âgés de 3 à 11 ans, publiés entre 2000 et 2018, et portant explicitement sur le TDA-H.
Parallèlement, nous rencontrerons 10 enfants avec TDA-H scolarisés en cycle 3 (CM1, CM2, 6ème), leurs enseignants et leurs camarades de classe, et procéderons à des entretiens semi-directifs portant sur la scolarisation des enfants avec TDA-H (apprentissage, relations avec les enseignants et relations avec les pairs) afin de recueillir leur vécu et chercher à comprendre si les ouvrages reflètent bien ce qu’ils vivent et examiner dans quelle mesure ils sont susceptibles d’aider à sensibiliser à la bienveillance et au respect de la diversité les enfants typiques accueillant dans leur classe ou leur école un enfant avec TDA-H.
 
Références :
 
- Hayes, E.R. (2014). Reflections of self : images of people with specific learning disabilities and attention deficit/hyperactive disorder in children’s literature (thèse de doctorat non publiée). Université de Illinois State University, Normal, USA.
 
- Kita, Y., & Inoue, Y. (2017). The direct/indirect association oh ADHD/ODD symptoms with self-esteem, self-percetion, and depression in early adolescents. Psychiatry, 8(137).
 
- Tarvern J., Daley, D., & Sayal, K. (2014). Attention-deficit hyperactivity disorders (ADHD) : and update review of essential facts. Child, 40(6), 762-774.
 
 
 

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