26ème congrès de l'AFPEN

Deauville 2019

 
Conférence plénière du jeudi 19 septembre de 14 h 45 à 15 h 45
 

Omar ZANNA

Docteur en sociologie et en psychologie, Professeur des Universités, Le Mans Université.

 
 
- Il est l’auteur de :

  • Zanna O & Jarry B. (2018). Cultiver l’empathie à l’école. Paris : Dunod.
     
  • Zanna, Veltcheff, C., Bureau, P-Ph., (2016). Corps et climat scolaire, Paris, Éditions EP&S.
     
  • Zanna, O. (2015). Le corps dans la relation aux autres. Paris : Dunod.
     
  • Zanna, O. (2015). Apprendre ensemble en classe. Paris : Dunod.
     
  • Zanna, O. (2010). Restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants. Paris : Dunod.
     

Cultiver la résonance émotionnelle à l’Ecole

 
La thématique des adolescents difficiles a, très tôt, été au centre de mes préoccupations de chercheur. En portant le regard sur cet objet, j’ai, dans un premier temps, tenté de comprendre les causes de l’altération du lien social qui conduit parfois des adolescents à s’inscrire dans des comportements violents. Mes premières recherches n’avaient pas vocation à faire des propositions pour améliorer les conditions de prise en charge de ces jeunes. En revanche, depuis 2004, mes travaux portent, entre autres, sur l’expérimentation de programmes d’éducation – par le corps - à l’empathie pour améliorer les conditions de prise en charge des adolescents « borderline » et prévenir la violence à l’Ecole. Par la suite, c’est la question du climat scolaire et des conditions d’apprentissages scolaires qui retiendront mon attention.
 
Dans le cadre des formations proposées aux enseignants, le cœur des interventions est, chaque fois, de réfléchir à la manière de faire vivre des scénarios pédagogiques permettant d’accéder au respect et à la reconnaissance des autres. Par l’émotion née de l’engagement des corps, par l’aspect collectif des scénarios proposés et par la responsabilité engagée des uns envers les autres, ces expériences enseignent aux élèves à mieux se situer face aux autres, à se mettre à leur place. Ce faisant, elles déplacent la confrontation aux autres vers un espace où les conduites entre individus sont discutées et mieux comprises. En adoptant la perspective d’autrui, l’empathie permet également de réduire les risques de positions extrêmes qui ne posent jamais la question de « qui est autrui ». Comme j’ai pu en rendre compte dans mes travaux, l’apprentissage de l’expérience partagée des émotions dans un cadre solide et garanti par les adultes (animateurs, éducateurs, enseignants…) contribue à nourrir le lien social en rendant les élèves solidaires les uns des autres. En conséquence, le climat de la classe est plus serein et plus propice aux apprentissages. Dans le cadre de ma communication, je propose de restituer la procédure et une partie des résultats de mes recherches sur l’éducation – par le corps – à l’empathie.
 
 
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